Récit des soirées dégustation
Vous trouverez ici les reçits des soirées se déroulant à la cave ou organisé par votre caviste.
La plupart de ces réçits seront issus de la la plume aiguisé de Mr Alain, dégustateur inépuisable, et grand sauveur des vins vivants.
Soirée Syrah du 16 Octobre 2009 (1)

La soirée s'annonçait sous les meilleurs hospices. (Car il y avait:Alain et Madame, Willy et Bras d'Acier, Yves, François, Aurore, Mr Palma et 3 Ami(e)s, Laurent, Jean-Michel, Mme H, Alexandre et un ami, et désolé pour ceux que j'oublie)
Une bande de godelureaux prête à vider tout ce qu'on lui présentait, kaique terrines de gibier à portée de notre seule main libre (aucun des combattants ne voulant lâcher son verre), et un bistrotier improvisé qui avait fait le plein de Syrah (et d'autres cépages comme on le découvrira plus tard), tout était donc réuni pour que la soirée soit belle. Et elle le fut, tout comme l'after, et l'after, et l'after, jusqu'à pu soif !!! Quoi que, je soupçonne Willy d'avoir encore eu soif
Toujours est-il que tout commença par ça:
Un magnum de viré-Clissé 2003 du Domaine Vergé, servi insuffisamment frais (Attention Bruno, un autre coup comme ça, et on va pas pouvoir te garder...), au parfum de pomme, et d'un beau volume en bouche, signe de fruits bien mûrs. Une mise en bouche, digne des vins qui nous attendaient.....
Nos muscles maxillaires maintenant échauffés, nous pouvions nous attaquer à d'autres combats qui allaient s'enchainer:
Un Saint-Joseph Terres-Blanches 2006 du domaine J.P.Monier, d'un rouge profond, presque noir, ouvert et flatteur dès le départ, et qui termine sa course sur une belle acidité. J'avais déjà eu l'occasion il y a quelques temps de gouter le Viognier du même domaine (en vin de pays) et de vous faire partager par mail le bonheur que j'avait déjà pris. Cette nouvelle bouteille confirme donc mes premières impressions. Des vins "honnêtes" qui revendiquent de plaire au plus grand nombre, et qui y parviennent sans faillir. En un mot, un Domaine qui ne se la "pête" pas, mais qui vous en offre pour votre argent, ce qui n'est déjà pas si fréquent....
Un Crozes-Hermitage "La Guiraude" 2007 du Domaine Graillot. Là, nous rentrons dans le vif du sujet, même si le nez de ce Crozes tente de jouer les pucelles effarouchées en se refermant pour ne s'offrir qu'après de toujours trop longs préliminaires..... Mais, je referme là mes digressions qui, comme dirait ma femme, nous égarent un peu. Toujours est-il qu'après ces "minaudages", le charme s'est opéré, et c'est d'une bouche charnue qu'il se prêta aux jeux de l'amour, jouant tour à tour de son corps et de sa fraicheur, sous son petit air salin.... Je dois maintenant vous l'avouer, j'ai aimé...
Un Gaillac, 7 Souris 2007 (donc 100% 6 Rats) du Domaine Causse Marines, dont le nez, avant de me sourire, m'évoquât davantage la tanière des petits mammifères desquels il se revendique, que les petits fruits noirs dont nous le supputions le gardien. Probablement une insuffisance de carafage car, il n'a pas fallu trop le pousser pour qu'il finisse par nous les offrir, écrasés de surcroit et mêlés à des parfums de rose. Malgré tout, j'aurais aimé plus de minéralité, quitte à y perdre un peu de ce coté "fondu" qui l'éloignait trop du Rhône.... Que voulez-vous, moi, pour la fondue, j'préfère la Roussette !!!
Soirée Syrah, suite ... (2)

Une Côte Rôtie "Les Massales" 2006 de Stéphane Otheguy, où la fraicheur mentholée du nez était la figure de prou d'une bouche minérale, épurée, presque trop si ma crédulité n'avait pris ce manque de matière pour de la "buvabilité". Ce soir là, cette "minceur" m'était apparue comme une qualité. Gageons que les années sauront lui apporter le peu d'embonpoint qu'il manque encore à son élégance.
Un Hermitage 2007 du Domaine Graillot, de la même veine que La Guiraude dégustée peu avant mais, avec cette fois, un nez mentholé d'une pureté à damner le plus vertueux d'entre nous, si jamais il en restait encore...... La précision pourrait être sa devise tant il semble vous conduire là où vous n'auriez jamais imaginé aller, là où les arômes de cacao se métamorphosent en parfums, là où les tanins deviennent lascifs et vous ouvrent grandes les portes de l'hédonisme en vous susurrant à l'oreille la maxime de Chamfort (pas Alain bande d'incultes, Sébastien-Roch Nicolas, évidemment) "Jouis et fais jouir, voila toute la morale". Ce vin semble n'être destiné qu'à çà. Alors, bien sûr sa précocité rend ce doux vœux plus large que long en bouche (ne vous en déplaise Mesdames....) mais, une telle puissance retenue, teintée de finesse, n'est-elle pas propice aux plus folles promesses ??? Inutile de vous dire qu'une fois de plus, j'ai été conquis.
Et c'est à partir de ce moment là que les rênes de l'organisation millimétrée de Bruno ont semblé lui échapper.....
D'abord parce qu'on avait encore soif, et que des quilles nonchalamment couchées à notre portée faisaient rien que nous exciter. Notre dévolu s'est donc d'abord jeté sur un Sydre 2006 d'Eric Bordelé, histoire de nous dénoircir un peu les dents, suivi d'un Coteaux du Languedoc Cuvée "Edouard" 2006 du Domaine de la Croix St. Privat, en magnum, parce que ................... c'était mieux, puis d'un Cornas "Les Terrasses du Serre" 2005 de Matthieu Barret parce qu'on était quand même venu pour la syrah, puis d'un Faugères "Valinières" de Barral 2002 parce que c'est trop bon, puis, puis, puis, je sais pu......
Ce que je sais encore, c'est qu'il était minuit et que Willy avait une p'tite faim. Et quand Willy a faim, rien ne l'arrête, pas même du pigeon froid à même le bocal. Heureusement une âme compatissante s'est chargé d'aller le réchauffer, et de rapporter la cocotte encore fumante à la voracité des affamés que nous étions tous devenus.
Malheureusement, cet encas n'avait fait que raviver l'appétit d'un Willy peu enclin à voir de sitôt cette soirée se terminer. Et pis, l'avait encore faim.....
Un coup de fil à Victor pour s'assurer que le feu couvait toujours sous ses fourneaux, et nous voilà tous partis en direction du "Verre chez Moi", prolonger, à table, cette soirée qui ne faisait maintenant que commencer.
Vous dire ce qu'on a bu pour accompagner le foie gras, les tournedos et tutti quanti selon les fulgurances "Willyesque" tiendrait de l'exploit tant l'impromptu était au rendez-vous. Je me souviens de la silhouette de quelques carafes d'originaux blancs, d'un trop "classique" Daumas Gassac (bof!), d'un énième magnum toujours trop petit mais, ma mémoire devient évanescente lorsque, pour parachever cette soirée, débarqua une myriade d'alcools blancs tous plus aguichants les uns que les autres. L'heure de l'hallali avait alors sonné, comme les cloches que certains redoutaient d'entendre à leur retour au foyer..... Mais ça, c'est une autre histoire.......
Nous prîmes alors congé d'Aurore, à l'heure où se levaient ses sœurs (les aurores, pour les moins finauds.....), en jurant nos grands Dieux de nous revoir sous peu....... Promesses d'ivrognes où vœux pieux ???
Bonne soirée à tous.
Alain
Aux Cépages d'Ermont


